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Blanchelou

BlanchelouJ'ai été anorexique, je le suis peut-être encore, mais plus physiquement en tout cas et c'est ça mon problème. Je ne me sens plus moi-même, j'ai l'impression qu'en reprenant tout ce poids je me suis perdue, ce n'est plus moi. J'ai l'impression que je ne suis plus rien et en même temps que je suis trop, trop tout, que je prends trop de place, que j'ai trop de besoins, trop de tout... Je veux me retrouver, et si cela signifie retomber dans l'anorexie, je suis prête à faire ce sacrifice. Je me dis: "À quoi ça sert de vivre si ce n'est que pour survivre, autant profiter de la vie, même si elle doit pour cela raccourcir de plusieurs années." Enfin c'est ma théorie... Et ce n'est sûrement pas la meilleure, mais chacun fait avec ce qu'il peut. Je veux préciser et que ce soit bien clair que je ne fais en aucun cas l'apologie de l'anorexie, c'est une maladie très grave (d'ailleurs je suis toujours soignée pour cela, et si vous en souffrez je vous conseille d'en faire autant, mais ce n'est que mon conseil, après...), et qui n'est en aucun cas un mode de vie comme pourraient le prétendre certain(e)s... C'est pour cela que je ne mettrais ni mon poids, ni ce que je mange, ni aucun conseil pour maigrir, si ce n'est peut-être des conseils "sensés". Pour les commentaires acides et amères vous pouvez y aller, si vous trouvez qu'il est nécessaire de rajouter de la souffrance à la souffrance... Merci de votre passage et bon courage à tous ceux et celles qui souffrent pour quelque raison que ce soit...

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Déchets et déchéance

Par Blanchelou :: 09/10/2007 à 19:33 :: Général
Je crois que je n'ai toujours pas compris pourquoi tu étais avec moi.
Je me dis que je dois te donner des raisons de rester avec moi, et je recommence mes toiles.
Et pourtant, je ne veux pas que tu restes avec moi juste parce que je suis mal. Je préfère être mal et seule plutôt que d'être mal et que tu sois mal parce que tu es avec moi.
Je me dis que dès que tu te rendras compte de ce que je suis, tu me laisseras et qu'il faut que je fasse attention; que dès que tu trouveras une fille mieux que moi, et elles courent les rues, tu partiras. Et je n'aurais que ce que je mérite.
J'ai l'impression que je suis vide et je ne vois pas ce qui te pousse à rester.
Ou plus exactement je ne suis pas vide, je suis pleine de l'angoisse de me retrouver seule, et quand ce sera le cas je serais vide.
J'ai envie de me détruire, et pourtant je sais que je ne dois pas, que je vaux très certainement quelque chose, que je mérite quelque part ce qui m'arrive. Mais je n'y arrive pas.
Je me souviens de ce que j'ai fait cet été et je prends conscience petit à petit de tout ce qui s'est passé pendant que j'étais inconsciente. Et ça me fait mal, ça me dégoûte et je ne peux plus me regarder. En même temps je me dis: "Tu es tellement minable c'est tout ce que tu mérites" et j'ai envie de recommencer tous ces mensonges parce que j'ai peur qu'on me mente. À force de tromper, c'est tellement facile, on se dit que ça pourrait bien nous arriver... Et j'aurais mal. Pas à cause de ça mais parce que ça m'obligera à te quitter parce que je connais les ravages que cela provoque en moi quand je reste avec quelqu'un qui me méprise. Et que même si je me méprise aussi, j'ai quand même le réflexe de me sauver à un moment parce qu'il faut être responsable de soi. Toujours responsable. Ne pas être un poids pour les autres, par dessus tout.
Et que s'il faut souffrir à cause de quelqu'un je préfère le faire seule et en silence.
J'avais promis, je m'étais promis que jamais je ne me laisserais atteindre par les autres, que jamais personne ne pourrait me faire souffrir.
Et là tu peux, tu pourrais. Et je n'arrive pas à me détacher de cette pensée, à me dire que ça n'arrivera pas.
Forcément on ne peut pas tenir à quelqu'un et en être en même temps complètement détaché.
Mais cette putain de promesse je me souviens maintenant pourquoi je l'avais faite: parce que tenir à quelqu'un m'est un poids bien trop grand ou pour formuler ça comme mon psy que le côté affectif de la relation est très important pour moi. Trop important apparemment pour que je puisse le supporter sans péter un câble. L'été n'arrangeant rien bien entendu.
Et je me retrouve à nouveau perdue à me dire comme d'habitude: "Arrête toi de manger ça résoud tout".
En effet, ça écrème, dans tous les sens du terme.
La crème de mon corps s'enfuit et ça éloigne les cons. La peur ça marche bien. Et on se retrouve alors avec toute la crème, c'est là qu'on voit vraiment qu'il y a bien peu de gens qui ont le droit de réellement compter. Et d'un côté c'est bien triste parce qu'il y en avait qui comptaient pourtant, malgré tout... Je me trompe toujours parce que j'ai toujours tendance malgré tout à donner sa chance à tout le monde; même si maintenant j'ai un peu appris malgré moi à être méfiante, je ne peux m'empêcher de partir du principe que tout le monde est gentil quelque part. Et ça me tue de me rendre compte que celui ci finalement ce n'était pas le cas, et pire encore de me rendre que moi non plus à certains moments je ne vaux vraiment pas le coup. Cet été je n'étais qu'une loque, j'avais perdu tout le sens de ce que je suis au fond. Et là j'ai du mal à retrouver mes esprits, à retrouver ce que je suis au fond, ce que je veux être. Et quand je me regarde j'ai plus envie de tout détruire parce que c'est tellement vide et moche que c'en est désespérant. Mais je sais qu'au fond, que c'est au fond, tout au fond, et qu'il faut que je creuse, sans me décourager pour déterrer tout ce que j'ai pris soin d'enterrer parce que je ne pensais pas que cela puisse être compris, encore quelque chose que je ne voulais pas montrer que je ne veux pas montrer, parce que je me dis que ça ne vaudra rien aux yeux des autres alors que c'est tout ce que je suis. Je me suis quasiment détruite pour être accepter et du coup vide que je suis je ne peux pas exister. Pour personne. Même pas pour moi. Au fond je sais mais là. Je crois que au fur et à mesure que cela remonte, que je me souviens de ce que je suis, des projets que j'ai formulé, de la vie que je veux construire, je prends conscience de ce que j'ai fait cet été et c'est ça qui me fait mal et c'est pour ça que je ne veux pas ressortir tout ça, parce que ça brûle. Comme si je m'étais roulée dans la boue sans m'en rendre compte et que petit à petit on rallumait la lumière, je retrouve la vue et je vois ce que je suis devenue. Couverte de boue, salie. Un déchet. Une putain.
Je me dis aussi tu m'as connue comme ça, voudras tu toujours de moi quand tu sauras vraiment, si un jour j'arrive à te le dire, ce que je suis?
Et je sais que je ne devrais pas penser autant mais je n'y arrive pas c'est plus fort que moi, j'ai des tas de choses en tête qui volent et qui tappent partout dans ma tête et ça me fait mal au bout d'un moment ça me fait mal et ça commence à résonner fort fort fort et tout bat tellement vite, que je ne peux plus ne pas entendre.
C'est un bruit de fond, un murmure, comme une rivière qui devient torrent au fur et à mesure qu'affluent les affluants comme il se doit, un grondement sourd et à la fin de la journée, ça a pris une telle ampleur que cela arrive au stade de la conscience et qu'il faut que ça sorte. Sinon c'est l'explosion.
Beaucoup d'explications là dedans mais je ne sais pas si je vais te faire lire tout ça.
Parce que ça aurait exactement l'effet inverse de ce que je souhaite qu'il advienne et que en plus ça te ferait mal de m'entendre parler comme ça.
Même si j'aimerais bien que tu saches.
Car tu n'es ni la solution, ni le problème mais si tu es avec moi tu es néanmoins partie prenante et tu dois savoir.
Mais es tu réellement avec moi et est ce vraiment ce que je souhaite?
Et voilà ce que cela donne quand une malheureuse phrase et une petite question ne peuvent pas pointer le bout de leur nez.
"Accouche!!" me dirais-tu fort à propos et moi d'éclater de rires, tu sais et je sais.
Mais demander est quelque chose comme toi ta timidité que je ne contrôle pas toujours, surtout et malheureusement c'est plutôt chiant quand c'est important pour moi. C'est important pour moi. Je pourrais me taire encore, mais je ne pourrais pas ne pas te demander. Et chaque fois que je demande quelque chose c'est comme si quelque chose se cassait en moi l'espace d'une seconde, le temps que la réponse arrive pour renouer les deux bouts, ou casser encore plus, éloigner, un pas en arrière. Un pas qui fait mal. Plus on attend plus ça fait mal. Plus c'est important plus c'est douloureux.
Comment tout ça est-il possible?



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